Après une année d'éclipse, cette épreuve
est reconduite en 1906. J.M. Bordenave récidive. Il boucle
le circuit dans le temps record de 5h26', qui le consacre champion
du Vignemale. Nous avons là un bel exemple de ce qui pouvait
se faire en France au début du siècle.
Une épreuve analogue fut mise sur pied, pour les mêmes
raisons à Chamonix et à la même époque,
à l'initiative d'une gazette locale et du CAF. Les guides
s'affrontèrent sur le fameux parcours Chamonix-Le Brévent.
Un itinéraire qui, aujourd'hui encore, est utilisé
pour départager les candidats à de nombreux examens.
Malheureusement, l'un deux voulut aller trop vite lors de la seconde
édition. Il en mourut, la course aussi.
Après la guerre, c'est le tandem Lachenal-Terray qui allait
se distinguer par d'étonnants horaires et par un rythme
de marche qui s'apparente plus à la course à pieds.
Gérard Herzog, dans les "Carnets du vertige",
raconte avec humour les exploits tout naturels de ces hommes hors
du commun. Ils seront suivis dans les années 1980 par des
alpinistes comme Profit, Boivin, Messner et Berhault...et leurs
prestigieux enchaînements.
Il existe aujourd'hui, de par le monde de nombreuses, trop pour
être décrites, manifestations de ce genre, plus ou
moins compétitives, plus ou moins difficiles. Plus que
la qualité de l'organisation, ce qui attire le coureur,
c'est le prestige du sommet. Depuis plus de quarante ans, une
course se déroule au mois d'août sur les pentes du
Fujiyama qui culmine à 3376 mètres. Elle rassemble
plus de 2000 participants. L'ascension du mont Cameroun (4095
mètres d'altitude), est une épreuve de très
haut niveau, 38 kilomètres et plus de 3000 mètres
de dénivelée. Une course à pied étrange
où, croit-on, pour être le meilleur, il faut être
protégé par les sorciers. En fait, il faut surtout
être casse-cou pour bondir en vieilles sandales sur des
rocailles volcaniques et coupantes.
La montée du Kilimandjaro, 5896 mètres, est la plus
haute course d'Afrique, 103 kilomètres pour 4000 mètres
de dénivelée. Un volcan pour coureurs, sans difficultés
techniques, un stade grandeur nature impressionnant...
Montagnards réalisant d'excellents temps d'ascension ou
athlètes trouvant en montagne un stade d'un genre nouveau
? Alpinistes ou coureurs à pied ? Le débat est souvent
passionné et les objectifs bien différents en effet.
Quoi qu'il en soit, indépendamment de tout objectif de
compétition, ceux qui courent en montagne ne le feraient
pas s'ils n'y trouvaient pas un plaisir certain.
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