Gîtes de France

Gîte la Marguerite

"Au fil du temps"
D- La conquête des sommets en courant (23/30)

 


Les images que nous avons pu ramener jusque là, nous ont permis de participer au festival du Grand Voyageur à Superdévoluy. Ce n’est guère la qualité de nos documents qui avaient de l’intérêt, mais bien la qualité des rencontres. On pourra toujours objecter que les voyageurs ne parlent que de leurs voyages. Un milieu plein de vie, de curiosité et très accueillant. Chaque années de 1985 à 1990, ce fut un réel plaisir que de s’immerger quelques jours, au milieu de gens dont Beaudelaire disait, «  Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons, De leur fatalité jamais ils ne s’écartent, Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons ».

Nous avions lié amitié avec le célèbre couple, passionné et passionnant, de vulcanologues, Katia et Maurice Krafft. Nous avons pu partager la vie professionnelle de ce couple qui pendant 25 ans a eu des rendez-vous régulier avec le monde fascinant des volcans. Nous devions nous retrouver à Hawaï, si un volcan Philippin, n’en avait pas décidé autrement. Ils sont morts avec trente autres sommités du monde des volcans, surpris, eux qui semblaient avoir lier amitié avec ces énormes monstres. Par la suite, toujours attiré par ce milieu, j’ai rencontré Jacques-Marie Bardenzeff, l’homme qui a remplacé Haroum Tazieff dans le cœur des français. Il est devenu la référence vulcanologique, en ce qui concerne l’émission Ushuaïa de Nicolas Hulot. Nous avons aussi croisé, Jean Louis Etienne, timide et volontaire, l’esprit toujours accaparé par des projets imminents. Puis Jacques Lansman, l’homme à la voix douce et à la volonté inébranlable, qui vient d’engager l’un de ses plus longs périples. Chacun de ses pas, donne naissance à une idée nouvelle. Les mots dans sa tête, glissent, comme le sable fin poussé par une risée de vent dans le désert. Nous avons croisé Laurence de la Ferrière, et « L’homme qui marchait dans sa tête », Patrick Ségal. Lors de ces rencontres, tous ces personnages, capables d’aller au bout de leur passion, m’ont donné l’envie d’aller de plus en plus loin. Montaigne disait, « Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche  ». A chacune de nos visites, nous avons pu parler avec le local de l’étape, René Desmaison, qui reste la référence en matière d’engagement. Sa plus belle signature, et gravée à jamais sur le Pic de Bure.

En septembre 1990, je rejoignis l'Autriche à la recherche d'un lieu propice à la pratique du ski. C'est à Ramsaü, à l'Est de l'Autriche que nous avons trouvé, ma femme et moi, ce que nous cherchions, et mieux encore. L'automne est flamboyant. Il y a des détails qui restent profondément gravés dans la mémoire. Je me souviens d’avoir voulu acheter un quotidien local et d’avoir pu le faire au départ d’un sentier. En effet, un grand sac en plastique permet de suspendre les journaux à un portique et ainsi d’offrir moyennant finance, des nouvelles fraîches aux randonneurs. A côté est fixé un autre de sac dans lequel le consommateur met l’argent correspondant. Inutile de vous dire que ma première pensée a été de me dire que, journaux, argent et même portique auraient rapidement disparu en France !


Tour autour, les parois de calcaire blanc rehaussent encore les couleurs. J'ai conservé de ma précédente aventure, une forme physique qu'il me faut exploiter. Aussi, après de nombreuses reconnaissances, je décide d'établir un "temps" sur le point culminant du massif. J'en averti l'Office du Tourisme, qui dépêche quelqu'un afin d'officialiser la performance. C'est ainsi que, partant de "la Strasse", barrière à 1200m, j'atteins l'Hoher-Dachstein, 3004 m et 1874 m plus haut, en 2h11'. J'en profite pour réaliser 1h35' sur le sommet précédent, le Hunerhogel à 2700m. Il est intéressant de préciser, que la première via ferrata, ne fut pas Italienne. Elle est née au milieu du XIXème siècle sur ce magnifique sommet, sans que quiconque d’ailleurs ne revendique avoir inventer quoi que ce soit. L’ancêtre de la via ferrata moderne, permettait de rendre plus facile une ascension que beaucoup convoitait. Elle fut équipée raisonnablement de cordages fixes et d’éléments de bois. Le futur « Klettersteig », précédait ainsi de quelques années l’explosion des « Vie ferrate » des Dolomites.


Pour moi cette période permis un travail foncier qui s’avéra très profitable, puisque je terminai la saison de fond en onzième position au classement national des longues distances.
En mai 1991, pour mieux engager la période des courses pédestres, je participai au relais olympique Alberville-Barcelone. Un relais non-stop, couru par une pluie battante, qui me permit de poursuivre mon périple olympique commencé en 1987. 15 équipes de 12 coureurs chacune s'affrontèrent, le mot n'est pas trop faible, afin de fouler le stade olympique de Barcelonne la première. Du 8 mai à 9h00 d'Alberville au vendredi 10 mai, à Barcelone en soirée, la compétition fit rage. Pas un instant de répit. Finalement à cause de comportements pas toujours clairs, l'ensemble des équipes fut déclaré vainqueur.


L'été 1991 me laissa sur ma faim. Une météo capricieuse ne me permit de ne rien tenter d'intéressant. Seul le record établi en Autriche au Weisskügel 3738m, est à retenir. Surtout que dans les heures qui ont précédé mon départ, notre groupe avait croisé la trajectoire d'un homme qui allait devenir célèbre, Otzi. Le glacier Niederjochferner venait de rendre le corps d'un guerrier vieux de 6000 ans ! Un événement sur lequel je reviendrai plus tard. Quant à moi, je parti du refuge Bella-Vista 2860m , situé à la frontière italo-autrichienne, et sur un parcours irrégulier d'une dénivelée de 1150 m, j'ai atteint le sommet en deux heures deux minutes.


L'été 92 fut beaucoup plus fructueux. L'anniversaire de la conquête du Mont Aiguille, cinq cent ans plus tôt, était pour moi une source de motivation exceptionnelle. J'allais à ma façon participer à l'événement.


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