Les images que nous avons pu ramener jusque là, nous ont
permis de participer au festival du Grand Voyageur à Superdévoluy.
Ce n’est guère la qualité de nos documents
qui avaient de l’intérêt, mais bien la qualité
des rencontres. On pourra toujours objecter que les voyageurs
ne parlent que de leurs voyages. Un milieu plein de vie, de curiosité
et très accueillant. Chaque années de 1985 à
1990, ce fut un réel plaisir que de s’immerger quelques
jours, au milieu de gens dont Beaudelaire disait, «
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons ».
Nous avions lié amitié avec le célèbre
couple, passionné et passionnant, de vulcanologues, Katia
et Maurice Krafft. Nous avons pu partager la vie professionnelle
de ce couple qui pendant 25 ans a eu des rendez-vous régulier
avec le monde fascinant des volcans. Nous devions nous retrouver
à Hawaï, si un volcan Philippin, n’en avait
pas décidé autrement. Ils sont morts avec trente
autres sommités du monde des volcans, surpris, eux qui
semblaient avoir lier amitié avec ces énormes monstres.
Par la suite, toujours attiré par ce milieu, j’ai
rencontré Jacques-Marie Bardenzeff, l’homme qui a
remplacé Haroum Tazieff dans le cœur des français.
Il est devenu la référence vulcanologique, en ce
qui concerne l’émission Ushuaïa de Nicolas Hulot.
Nous avons aussi croisé, Jean Louis Etienne, timide et
volontaire, l’esprit toujours accaparé par des projets
imminents. Puis Jacques Lansman, l’homme à la voix
douce et à la volonté inébranlable, qui vient
d’engager l’un de ses plus longs périples.
Chacun de ses pas, donne naissance à une idée nouvelle.
Les mots dans sa tête, glissent, comme le sable fin poussé
par une risée de vent dans le désert. Nous avons
croisé Laurence de la Ferrière, et « L’homme
qui marchait dans sa tête », Patrick Ségal.
Lors de ces rencontres, tous ces personnages, capables d’aller
au bout de leur passion, m’ont donné l’envie
d’aller de plus en plus loin. Montaigne disait, « Je
réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison
de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, mais non
pas ce que je cherche ». A chacune de nos visites,
nous avons pu parler avec le local de l’étape, René
Desmaison, qui reste la référence en matière
d’engagement. Sa plus belle signature, et gravée
à jamais sur le Pic de Bure.
En septembre 1990, je rejoignis l'Autriche à la recherche
d'un lieu propice à la pratique du ski. C'est à
Ramsaü, à l'Est de l'Autriche que nous avons trouvé,
ma femme et moi, ce que nous cherchions, et mieux encore. L'automne
est flamboyant. Il y a des détails qui restent profondément
gravés dans la mémoire. Je me souviens d’avoir
voulu acheter un quotidien local et d’avoir pu le faire
au départ d’un sentier. En effet, un grand sac en
plastique permet de suspendre les journaux à un portique
et ainsi d’offrir moyennant finance, des nouvelles fraîches
aux randonneurs. A côté est fixé un autre
de sac dans lequel le consommateur met l’argent correspondant.
Inutile de vous dire que ma première pensée a été
de me dire que, journaux, argent et même portique auraient
rapidement disparu en France !
Tour autour, les parois de calcaire blanc rehaussent encore les
couleurs. J'ai conservé de ma précédente
aventure, une forme physique qu'il me faut exploiter. Aussi, après
de nombreuses reconnaissances, je décide d'établir
un "temps" sur le point culminant du massif. J'en averti
l'Office du Tourisme, qui dépêche quelqu'un afin
d'officialiser la performance. C'est ainsi que, partant de "la
Strasse", barrière à 1200m, j'atteins l'Hoher-Dachstein,
3004 m et 1874 m plus haut, en 2h11'. J'en profite pour réaliser
1h35' sur le sommet précédent, le Hunerhogel à
2700m. Il est intéressant de préciser, que la première
via ferrata, ne fut pas Italienne. Elle est née au milieu
du XIXème siècle sur ce magnifique sommet, sans
que quiconque d’ailleurs ne revendique avoir inventer quoi
que ce soit. L’ancêtre de la via ferrata moderne,
permettait de rendre plus facile une ascension que beaucoup convoitait.
Elle fut équipée raisonnablement de cordages fixes
et d’éléments de bois. Le futur « Klettersteig »,
précédait ainsi de quelques années l’explosion
des « Vie ferrate » des Dolomites.
Pour moi cette période permis un travail foncier qui s’avéra
très profitable, puisque je terminai la saison de fond
en onzième position au classement national des longues
distances.
En mai 1991, pour mieux engager la période des courses
pédestres, je participai au relais olympique Alberville-Barcelone.
Un relais non-stop, couru par une pluie battante, qui me permit
de poursuivre mon périple olympique commencé en
1987. 15 équipes de 12 coureurs chacune s'affrontèrent,
le mot n'est pas trop faible, afin de fouler le stade olympique
de Barcelonne la première. Du 8 mai à 9h00 d'Alberville
au vendredi 10 mai, à Barcelone en soirée, la compétition
fit rage. Pas un instant de répit. Finalement à
cause de comportements pas toujours clairs, l'ensemble des équipes
fut déclaré vainqueur.
L'été 1991 me laissa sur ma faim. Une météo
capricieuse ne me permit de ne rien tenter d'intéressant.
Seul le record établi en Autriche au Weisskügel 3738m,
est à retenir. Surtout que dans les heures qui ont précédé
mon départ, notre groupe avait croisé la trajectoire
d'un homme qui allait devenir célèbre, Otzi. Le
glacier Niederjochferner venait de rendre le corps d'un guerrier
vieux de 6000 ans ! Un événement sur lequel je reviendrai
plus tard. Quant à moi, je parti du refuge Bella-Vista
2860m , situé à la frontière italo-autrichienne,
et sur un parcours irrégulier d'une dénivelée
de 1150 m, j'ai atteint le sommet en deux heures deux minutes.
L'été 92 fut beaucoup plus fructueux. L'anniversaire
de la conquête du Mont Aiguille, cinq cent ans plus tôt,
était pour moi une source de motivation exceptionnelle.
J'allais à ma façon participer à l'événement.
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