Gîtes de France

Gîte la Marguerite

"Au fil du temps"
D- La conquête des sommets en courant (27/30)

 


En 1993, la course en montagne a pris son envol. Agnes Couzy dans AlpiRando se demandait si cette pratique n'était pas iconoclaste; Une interrogation que n'aurait pas renié le capitaine Hadock. Une nouvelle approche de la montagne qui a fait de plus en plus d'adeptes et qui a modifié l'image des premiers ascensionnistes, en bousculant quelques conformismes.
En 1993, l'armée pour la première fois, fête Saint-Bernard de Menthon, patron des Alpins. Le 16 juin, je pars, malgré une météo incertaine, pour la "Trilogie du Vercors". J'ai prévu l'ascension de trois sommets, avec pour économiser mes genoux descentes en parapente. Courir jusqu'au sommet, puis, pour revenir prendre la voie des airs, nous voilà près de l'idéal. Il n'en reste pas moins que les vents sont capricieux, et que l'aérologie n'est pas une science exacte.


Je suis parti à 10h00 du quartier De Reynies à 260 m d'altitude en direction, en premier lieu, du Moucherotte 1901m, sur lequel le magnifique hôtel des années 50 essayait de résister aux assauts des vandales, puis du Roc Cornafion 2049 m et enfin du Pic Saint-Michel 1965m. Epreuve que je terminais à 17h00.


Conformément à mon plan de marche, j'ai effectué l'ensemble du parcours, équivalent à 95 km à pied et 5200 m de dénivelée en 6 heures et 20 minutes. Il faut rajouter le temps passé en l'air, soit 52 minutes, confortablement installé sous mon aile. Au total un peu plus de 7 heures d'efforts physique intenses. Je pense être parti un peu rapidement, puisque je n'ai mis que 1h54'18" pour rejoindre le Moucherotte. Le vol qui s'en suivit fut en tout point remarquable : 17 minutes à slalomer le long de la barre du Vercors du nord au sud. Puis le Cornafion en 2h14' et 15' pour descendre. Enfin le Pic Saint-Michel en 2h11' et 20 minutes de vol, poussé par un violent vent arrière, qui a déclenché quelques montées d'adrénaline. Entre le sol et le col de l'Arc, une épaisse couche de nuages m'empêche de voir la vallée. Le vent d'ouest sifflait avec obstination. Le parapente semblait immobile dans cette masse humide. Puis brutalement, le vert des champs, tout en bas, réapparu. L'aventure était finie.


Les jours suivants je vais les passer à sillonner le massif des Cerces avec un groupe de 50 personnes en partance pour le Mont-Blanc. Le toit de l'Europe de l'ouest, que je gravirai pour la dixième fois, m'offrira un joli feu d'artifice. En effet la veille du jour où le groupe complet atteindra le sommet, et que tout le monde s'installait au refuge du Goûter, j'ai voulu finir en courant. Au-dessus du Vallot, un seul cumulus, s'est incliné et a déversé sans aucune vergogne, son trop plein d'électricité. J'en ai été quitte pour une bonne peur et des vertiges qui m'accompagnent encore aujourd'hui.


En 1994, je suis rentré à la World Masters Association , qui a à charge, la gestion des championnats du monde de ski de fond des gens ayant plus de 30 ans. Cette première année de participation nous a amené à Finsteraü, un petit village aux confins de l'Allemagne et de la Tchécoslovaquie, devenue depuis République Tchèque. Chaque année, ces championnats nous permettent d'effectuer de grands voyages et de découvrir de magnifiques secteurs de ski de par le monde. En l'occurrence à Finsteraü, nous avons parcouru les magnifiques forêts de Bohème situées à la frontière des deux pays.


Nous sommes le 21 juillet 1994. La "course" Col de la Croix de Fer, Pic de l'Etendard, au coeur des Grandes Rousses, a toujours été classée dans la catégorie des efforts longs et fastidieux. Heureusement, le refuge du même nom, coupe cet effort en deux parties. Tout au contraire, ce parcours s'avère particulièrement intéressant dès lors qu'il est "avalé" par des coureurs à pieds. La vitesse rompt la monotonie. La palette des types d'efforts offerts tout au long du sentier, est complète. Course sur sentier et sur neige, descente, faux plats montant et descendants, de quoi satisfaire les plus exigeants. Il est par contre impossible d'établir une performance en dénivelée pure, tant le relief est irrégulier.


Le départ de la Croix de Fer est côté 2 064 m. Le premier col 2520m, oblige le coureur à fournir un effort violent dès le début. Je passe en 27'15" que "l'Avocet" traduit en 1250m/h de dénivelée parcourues. Ensuite, il faut descendre un peu en direction du lac Bramant, 2460m. Temps de passage 58'44". A cet instant, on a parcouru 650 m de dénivelée, il en reste donc encore 825 m à effacer.


On aborde maintenant une progression classique sur glacier. Elle nécessite une reconnaissance préalable, afin de déterminer avec précision, les secteurs crevassés. La dernière partie plus inclinée mène au sommet 3464m atteint en 1h55'14".
Le retour s'effectue par le même tracer et oblige à une légère remontée au sortir du 3ème lac. La dénivellation totale est de 1550 m. Le temps aller-retour établie à ce jour est de 2h58'27" jusqu'au parking.


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