Gîtes de France

Gîte la Marguerite

"Au fil du temps"
E - Le temps, un ami qui vous veut du mal (31/42)

 

Au retour en France, j'ai été opéré d'une condropathie-rotulienne. La question était alors de savoir si je pourrai remarcher un jour ? J'ai effectué ma rééducation en pratiquant beaucoup de VTT. C'est tout naturellement que Jean-Paul Zuanon, spécialiste de cette activité, m'a demandé, l'été venu, de participer avec lui et deux amis, Jean-Robert et Michel, à une traversé Mont-Rose/Mont-Blanc en Vélo Tout Terrain. Nous sommes partis de Gressoney au pied du Mont Rose et nous avons atteint une semaine plus tard, et quelques bosses en plus, le Val Ferret italien. Nous avons vécu une grande aventure alpine, face au massif du Mont-Blanc, et en empruntant les hauts de la vallée d'Aoste. Si cette épopée, peut paraître anodine, pour qui se déplace à skis ou à pied, il en va tout autrement pour les adeptes du deux roues.


Aujourd'hui parfaitement accepté par le milieu des montagnards, il n'en fut pas toujours ainsi. Le VTT représente un parfait compromis pour la préparation physique estivale des skieurs de fond, tout comme pour le contemplatif qui cherche un moyen ludique pour se déplacer. La façon la plus gratifiante de pratiquer le vélo de montagne, c'est de partir pour de longues traversées. L'itinéraire que nous avons réalisé, est parfaitement accessible à des cyclistes/montagnards entraînés. Ce parcours est très esthétique, et nous a procuré des sensations aussi fortes, que tous les raids qui m'a été donné de concrétiser jusqu'à aujourd'hui. On a passé les 4/5ème du temps sur le vélo. Peu de portage grâce à une politique vigoureuse de soutien à l'économie pastorale menée par la région autonome du Val d'Aoste, qui permet de monter facilement jusqu’à 2500m, par des sentiers biens tracés. Pourtant deux étapes ont demandé un peu plus d'attention la 5ème et la 7ème, au cours desquelles on a franchi les deux points hauts, le col de Vessona 2783m et le col de Malatra 2928m.


On est donc parti de la vallée de Gressoney, la plus orientale des vallées valdôtaines. A Stafal, j'ai ressenti une petite émotion en me remémorant mon départ en direction du Mont Rose. C'était il y a cinq ans. Mais cette fois nous sommes monté en direction du col de Bettaforca 2672m pour redescendre sur Saint-Jacques dans le val d'Ayas. Le deuxième jour nous avons gravit par une journée d'été, le col de Nana 2775m. Toute la journée l'effort s'est déroulé face au Breithorn, Castor et Polux. Un paysage grandiose, qui a pour vertu d'effacer la fatigue. Surtout qu'à partir du col suivant, des Fontaines, 2697m, nous avons eu une superbe vue sur le versant sud du Cervin. La descente sur Cheneil, par un petit sentier étroit et souvent encaissé, et très technique. Il nous a réservé quelques surprises. Notamment un nez à nez avec des génisses. Cheneil est un village touristique, qui présente la particularité de n'être desservi que par un téléphérique de service et un sentier. Les Italiens sont très attachés à la défense de cette originalité. En arrivant à Valtournanche, nous avons retrouvé la foule, les voitures, la chaleur et le bruit.


Aujourd'hui, nous montons à la fenêtre de Cignana. Le terrain est varié. Nous avons retrouvé la fraîcheur. Nous nous arrêtons au passage, à l'alpage Crou de Tsa, où une italienne volubile et francophone insiste pour nous faire goûter son thé "correto". Une boisson qui n'a rien de correct, puisqu'elle est corrigée à la grappa. Ainsi dopés, nous n'avons aucune peine à franchir la fenêtre de Cigagna 2441m, d'où nous rejoignons facilement le refuge Barmasse. Une longue piste, ponctuée de quelques remontées inattendues nous amène jusqu'à Buisson.
Pour la quatrième étape, courte et de liaison, nous partons de Champtorné pour arriver à Lignan, en franchissant le col Fenêtre. Lignan est un petit village en balcon, face au massif du Grand-Paradis. L'étape suivante, la plus dure sera marquée par la pluie. On est monté tout d'abord par une longue et agréable piste pastorale à l'alpage de Cia Fontaney. Puis nous avons franchit les cols de Salvé et de Chaleby. Nous découvrons ainsi, de l'autre côté de la vallée, le célèbre oratoire de Cuney. Il est, depuis des temps immémoriaux, un lieu de pèlerinage pour les habitants de la vallée de Saint-Barthélémy mais aussi pour ceux de Valpelline. Sur l'autre versant, malgré le brouillard nous pouvons suivre le balisage surabondant de l'Alta Via n°1. Nous débouchons sur le replat où se trouve le refuge Rosaire-Clermont. Pause pique nique sous la pluie. Le chalet de pierre où nous nous trouvons, appelé bivouac, est un petit bijou. A l’intérieur, porte non fermée à clé, nous y avons trouvé de quoi manger et boire. Au fond, un tronc fixé dans le mur, pour permettre aux consommateurs de régler leurs factures. Sur les lits des draps propres et au plafond un éclairage au gaz, avec bouteilles de rechange, le tout sans aucune dégradation ! La dernière montée se déroule sous le grésil jusqu'au col de Vessona à 2783m. Au sommet nous avons une fausse joie. Nous avons cru à tort qu'arrivés à l'Alpe Vieille, nous retrouverions une large piste qui aurait pu nous conduire jusque dans la vallée. Il n'en fut rien. Ce n'étaient que des travaux de rectification du lit du torrent qui, de loin, pouvaient passer pour une route. Seul un interminable sentier, souvent raide et caillouteux nous permis de descendre jusque dans la vallée principale. Si nous n'avons pas mis pied à terre, ce fut un véritable rodéo. Ensuite il a fallu remonter jusqu'à Closé, et rejoindre Valpelline.



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Découvrez toutes les activités que propose le gîte de la Marguerite :
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