Le voyage peut se résumer par une succession de rencontres
humaines et des paysages à vous couper le souffle. Seul
les protagonistes peuvent en parler en joignant l’intensité,
l’originalité et cette touche d’invraisemblance
pour le novice, qui le marquera profondément pour le restant
de ses jours. La ville de Grenoble, qui se fait parfois appelée
« Capitale des Alpes », a souvent oublié qu’elle
était entourée de montagnes. De la parole à
l’action il y a souvent un fossé qu’il est
difficile de combler. C’est l’une des raisons, qui
m’a poussé, avec Georges et Catherine Elzières
du Club alpin Grenoble/Oisans, à organiser de 1995 à
2000 de nombreuses conférences. Un rendez-vous régulier
qui aura beaucoup de succès. Il permettra aux Grenoblois
de rencontrer et de discuter avec Lionel Daudet, Marc Batard,
Christophe Moulin, P. Gabarou, P Edlinger, P. Bérault,
J.M. Choffat et J.C. Lafaille, avec qui j’organisais une
soirée spéciale en l’hommage de Pierre Béghin.
Je me souviens que Jean Christophe, en cette soirée de
1999, avait eu beaucoup de mal à revenir sur les événements
tragiques de 1992. Ce remémorer des images, et exprimer
des sentiments, qu’il n’avait pas encore réussi
à surmonter, avait donné une autre dimension à
ses propos. Il y eut encore beaucoup d’intervenants sur
des sujets aussi divers que les blessures, la glaciologie, les
lacs ou la protection de la montagne.
L'hiver, les championnats du monde Masters de ski de fond prennent
une place de plus en plus importante. Le changement d'activité,
l'absence de traumatismes physiques et la beauté des décors
parcourus, sont les éléments essentiels de cet investissement.
Finalement, le nordique se porte bien. Les Jeux Olympiques de
Turin 2006 l'ont confirmé. A notre niveau, les Masters,
représente avant tout la découverte d'un pays étranger.
C'est un dépaysement total. En 1997, les épreuves
se sont déroulées dans les Dolomites. La station
de Folgaria est au nord de Venise et à l'Est de Trente.
De la neige, il en restait beaucoup, mais le soleil d'une redoutable
intensité, affectait la glisse, au point de freiner considérablement
les coureurs. En 1998, changement de décors. Nous partons
pour les Etats-Unis, dans la station de Lake Placid. Tous les
parcours avaient déjà servi deux fois, 1932 et 1980,
de sites olympiques, et la qualité des pistes ne faisait
aucun doute. C'est la soirée de clôture, qui m'a
le plus marqué. Elle fut à l'image des USA, immense
et trop sucrée. Organisée sur la patinoire olympique
au milieu d'un décor de Far-West, confectionné avec
des ballons multicolores, le poulet a été servi
enveloppé d'une épaisse couche de caramel. Le tout
accompagné par une musique country, comme il se doit. L'organisation
fut très professionnelle, et l'accueil calme et détendu.
Il n’en demeure pas moins que nous étions dans l’état
de New York, et que le magnifique bâtiment dans lequel nous
logions n’était pas muni de clés. En vérité
les propriétaires n’avait pas une idée très
précise de ce que voulait dire le mot vol ! D’ailleurs
en partant, alors que je leur demander l’addition, ils m’ont
regardé en me répondant que c’était
à moi de détailler les frais. Qu’ils n’avaient
pas comptabilisé repas et couchage.
En 1999, les championnats avaient lieu à Grindelwald. Une
station moins nordique, mais qui a la particularité d'être
placée au pied de la face nord de l'Eiger. Les chutes de
neige, avaient été si importantes cet hiver là,
qu'on ne pouvait atteindre Grindelwald qu'en hélicoptère.
Des avalanches considérables avaient barré la route,
tout au long des épreuves. Mais nous étions loin
des immensités nordiques de Kiruna que nous allions découvrir
en 2000.
Lire
la suite
Les informations sur les Masters de ski de fond, c'est ici !